André CERVERA – Du 5 octobre au 17 novembre 

ŒUVRES RECENTES

 

 

Zoom Zoom Cervera

Dédé le sètois a jailli du canal, vers la mer, l’étang c’est pour les crabes. Il s’est sorti le pinceaux des pierres du bord, a pris le souffle du large. Démolies les digues, vivent les voies de délestage, par delà le mol de la rade.

D’abord une œuvre hallucinée, débridée comme le pot d’un 103 dévalant la corniche. La musique en fond dolor, le rock comme un tempo, en écho, la couleur en cibiche. Brosser dans l’urgence, à coup de lance, les excès et les cris des noceurs derviche.

Début du voyage, des glacis à perte de Kraft, devant, derrière, allumés. Cervera se balade, nous éclabousse à coup de pied dans le buffet. Il avance, crâneur, dans le livre d’heure des cités déjantées.

Désinhibé et raffiné, un cobra de combat droit dans ses bottes en reptile. Ses lignes claires tracent des lueurs magiques en des dentelles électriques. Zim, zam, zoom, sa peinture fait boom, éclectique.

Aux héroïnes fugaces des coursives salasses il va préférer les routes lumières. Aux confins de la terre sous les soleils multiples des cultures premières. Résident de la république bariolée de l’échange et du faire.

Vint l’Afrique, ding, dingue, dogon, ses idoles, port du masque obligatoire. Mieux qu’les Ray Ban on voit la nuit, plus profond aussi, sans fard. André l’initié nous transcrit les codex du savoir oratoire.

Puis l’inde et ses papiers, confectionnés comme des galettes de blé. AC défriche, déchiffre, s’imprègne, puis délivre des remix sacrés. Animalité divine, l’artisanat comme un sport de combat, revisité.

A Shangai, la sur-réelle, aux folles ruelles, y renait une peinture de société. Un Brueghel speedé, fasciné par le mélange de tradition et de modernité. Pouse-pousse express, sans bassesse, dans ses tréfonds apprivoisés.

Atterrissage forcé, retour à l’atelier, du cul, du con, du bonnet. Son pinceau libéré visite à loisir les interstices de la féminité. En des rondes vivaces il y mêle érotisme et bal masqué.

A trop côtoyer les maitres et les aimer, va pour les détourner. Il les visite gourmand, en raccourcis savants, éclairés. Transcendés, magnifiés, il prend à plein cadre leur relai.

Que pétille longtemps l’art truculent d’André l’illuminé !

Frédéric Roulette en hommage à Michel Zoom, poète, frère de l’artiste (1959-2004)